67 Le pouvoir tel qu’il se donne à voir (le pouvoir mis en scène) occupe la dernière partie de l’ouvrage. Les milieux princiers sont concernés au premier chef. Les princes de sang qui modernisent les chateaux de leur apanage d’Alen?on 1350-1415 reproduisent les innovations et les partis architecturaux des grands chantiers contemporains, royaux et autres, et trahissent la même volonté de prestige et de modernité. Les éléments d’un programme décoratif lié à la célébration familiale se laissent parfois appréhender (Isabelle Chave). Dans le lointain comté de Cornouaille, l’aspect symbolique du pouvoir princier (ixe-xiie siècle) se marque dans la pérennité de certains lieux de pouvoir (Jo?lle Quaghebeur).68 Seules deux fouilles alimentent une publication qui puise l’essentiel de sa docu""La chronique de Rigord, véritable xA0;monument publicxA0; de la monarchie fran?aise comme l’écrivent ses éditeurs, figure parmi les textes les plus célèbres du xiiie siècle. Pourtant, sa dernière édition, par Henri-Fran?ois Delaborde, datait de 1882, et la seule traduction était jusqu’à présent celle de Guizot, publiée en 1825. vanessa bruno pas cher
Autant dire que cette nouvelle édition critique, accompagnée d’une solide traduction fran?aise, était très attendue. Ce travail rigoureux, qui repose essentiellement sur deux copies du xiiie siècle, conservée l’une à la bnf, l’autre à la bibliothèque du Vatican, ainsi que sur quelques copies modernes, résulte d’un atelier collectif, qui pendant plusieurs années a rassemblé au céscm de Poitiers une dizaine de chercheurs sous la houlette d’élisabeth Carpentier, de Georges Pion et d’Yves Chauvin.2 Né en Bas-Languedoc vers 1145-50, xA0;médecin de professionxA0; puis médecin du roi, Rigord devint moine à Saint-Denis en 1189 au plus tard. C’est là qu’il écrivit son Histoire de Philippe Auguste. La première partie, qui s’arrête en 1190 avec le départ du roi pour la croisade, fut rédigée entre 1186 et 1191 et probablement offerte au souverain à son retour de terre sainte, à la fin de l’année 1191 ou au début de 1192. Quelques années plus tard, Rigord entreprend la rédaction de la seconde partie qui est achevée à la fin de l’année 1206 pour l’offrir au prince Louis à l’occasion des événements qui devaient entourer son 20e anniversaire. L’ouvrage fut ensuite poursuivi par un auteur anonyme avant d’être continué par Guillaume le Breton, à partir de 1209, la date du décès de Rigord pouvant, quant à elle, être située entre 1207 et 1209. sac balzane longchamp pas cher 3 Le texte comprend peu de choses sur le monde rural, en dehors de quelques allusions à la forêt et à la chasse dans la première partie de l’?uvre. L’épisode au cours duquel Rigord rapporte que Philippe Auguste, encore jeune s’était égaré en chassant le sanglier en forêt de Compiègne est célèbre, tout comme la description du paysan xA0;affreux à voir, noir de charbon, hideux de visage et tenant une grande hache sur ses épaulesxA0; (p. 125), mais la présence d’ermites dans le bois de Vincennes l’est un peu moins (p. 147). C’est ce dernier que Philippe Auguste fit entourer d’un mur (p. 161) afin de le transformer en parc à gibier. Rigord rapporte qu’Henri II, roi d’Angleterre, fit pour l’occasion capturer des bêtes sauvages xA0;dans toute la Normandie et l’AquitainexA0;. sac vanessa bruno en lin
Faons, daims et capras silvestres, que les éditeurs traduisent par xA0;chèvres sauvagesxA0; mais qu’il faut évidemment corriger par xA0;chevreuilsxA0;, furent alors envoyés par bateau pour peupler ce parc royal.4 Dans la seconde partie, Rigord signale des éclipses de lune en 1186, 1187 et 1188 (p. 213 et 223 et 263) ainsi qu’une éclipse partielle de soleil survenue le 28 février 1207 (p. 395). Ses indications sur des accidents météorologiques peuvent être précieuses aux historiens environnementalistes. Il indique ainsi que de fortes pluies, tombées en juin, juillet et ao?t 1191, firent germer les blés sur pied (p. 295).
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22-25, M
Aug 17, 2014