Renault, Florange : La Voie étroite D'arnaud Montebourg

Le ministre du Redressement productif défend toujours les nationalisations.
Le bras de fer social engagé par Renault est embarrassant pour l'Etat actionnaire.


Déplacement d'Arnaud Montebourg à l'usine Renault de Cléon en septembre 2012. - Photo Hamilton/REA
Des « ugg pas cher métallos » de Florange qui s'enchaînent aux barreaux d'une fenêtre de Matignon avant d'aller manifester près de l'Elysée et d'y être reçu par deux conseillers ; une entreprise semi-publique, Renault, qui a menacé ses salariés de fermer des sites s'ils n'acceptent pas ses mesures de compétitivité (lire page 18)... C'est peu dire que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, aura fort à faire pour justifier son rôle devant les Français ce soir sur France 2. Son intervention à « Des paroles et des actes » est la première émission télé à laquelle il participe depuis son « 20 heures » de TF1, le 2 décembre, où, encore blême de colère et de fatigue, il avait annoncé qu'il restait à son « poste de travail et de combat » malgré sa défaite sur le dossier Florange.
« Souveraineté moncler économique »
Huit semaines plus tard, il tentera, selon son entourage de « montrer qu'il n'est pas resté au gouvernement faute de mieux mais pour faire bouger les lignes ». Après avoir largement réglé ses comptes dans la presse avec Jean-Marc Ayrault qui avait combattu l'idée de nationaliser Florange, le ministre souhaite privilégier le débat politique plutôt que la bataille personnelle. C'est-à- dire défendre l'idée de nationalisation temporaire pour préserver l'outil industriel plutôt que de s'accrocher à son plan de reprise de Florange. Les syndicalistes du site le font déjà en demandant des comptes au Premier ministre et au chef de l'Etat. Et puis, « s'il entretient la flamme Florange, le risque est d'apparaître se battre trop sur un cas plutôt que pour une cause », avance l'un de ses proches, le député PS de l'Essonne Malek Boutih.
Au cabinet du ministre, on jure que c'est un « hasard total », doudoune moncler mais hier après-midi, au moment où ArcelorMittal devait dévoiler son plan industriel et commercial pour sa société Atlantique et Lorraine, Arnaud Montebourg assistait au rachat par le département de l'Eure ugg et à la revente une heure plus tard à un repreneur, de l'usine de papier doudoune moncler M-Real (lire page 24). Sa façon à lui de souligner une nouvelle fois que la prise de contrôle publique reste une arme pertinente, même pour des élus et un exécutif social-démocrate qui préfère la régulation à l'interventionnisme. « C'est en quelque sorte une micro-nationalisation temporaire », a-t-il glissé.
S'il y a toujours une part de jeu de rôle dans un gouvernement, Arnaud Montebourg ne semble pas vouloir se contenter de celui de gardien du flanc gauche. « Il n'est pas à la gauche du moncler gouvernement, son credo, c'est le volontarisme et la souveraineté économique », insiste son entourage. « La démondialisation, ce n'est pas de gauche, c'est de France », confiait-il fin novembre. Un credo qui à l'occasion du dossier Florange, lui a profité dans les sondages, notamment dans les catégories populaires. Son face-à-face, ce soir avec Alain Minc pourrait lui donner l'occasion de se poser à nouveau en pourfendeur de la « pensée unique ». Sur le dossier Renault, cela risque d'être plus dur. Après avoir accordé un satisfecit à la direction qui n'avait pas « franchi les lignes rouges » (licenciement et fermeture d'usine), le ministre a été mis ugg pas cher en porte-à-faux par le bras de fer social ugg engagé par le constructeur automobile, détenu à 15 % par l'Etat. L'entourage d'Arnaud Montebourg puis plusieurs membres du gouvernement ont dénoncé un « chantage » à la fermeture de sites. Un vrai cactus au moment où le gouvernement espérait démontrer qu'il obtenait de Renault le rapatriement en France d'une partie de la production.
An Ep User An EP User
Jan 23, 2013