Legoupil explore à travers l’étude de la Patagonie les raisons qui ont conduit certaines populations à conserver jusqu’à hier un mode de vie de prédateurs, choix lié au climat mais aussi à une volonté délibérée ou aux conditions d’échange avec les autres populations. Enfin C. Jeunesse et M. Zvelebil remettent en question, avec des hypothèses différentes, la prédominance du modèle danubien pour la diffusion de l’agriculture de l’Europe centrale à l’Europe de l’Ouest. C’est toute l’histoire des sixième et cinquième millénaires qui est en jeu, et la réduction d’une opposition simpliste entre les immigrants cultivateurs et semi-sédentaires, et les autochtones chasseurs et mobiles. Nous ne pouvons et ne saurions résumer ici leur discussion, mais il est clair qu’une telle problématique élargit le débat à tous les historiens.7 Nous conseillons donc vivement la lecture d’une grande partie de cet ouvrage, celle de l’introduction, un peu académique mais très pertinente de A. sac longchamp pliage pas cher
Daubigney, et celle des articles qui remettent en question des conceptions trop simplistes sur le monde des chasseurs-cueilleurs et leur évolution vers l’agriculture.8 Olivier BüchsenschützJean Guilaine (dir.), Premiers paysans du monde. Naissance des agricultures. Paris, éditions Errance, 2000, 320 p., 195 F9 Depuis 1925 et l’introduction de la xA0;Révolution néolithiquexA0; par Gordon Childe, archéologues, environnementalistes et ethnologues s’interrogent sur les lieux et conditions d’émergence de l’agriculture et de l’élevage, en d’autres termes sur les techniques de manipulation par l’homme de certaines communautés végétales et animales, qui ont conduit au succès et à l’expansion démographique des premiers groupes d’agriculteurs à travers le monde. L’idée de révolution, selon laquelle toutes les données de la culture matérielle et sociale seraient apparues ensemble dans un point unique du Proche-Orient, a été depuis longtemps reléguée aux oubliettes. survetement hydrogen pas cher D’autres berceaux ont été proposés pour d’autres formes du Néolithique, avec le millet et le riz en Chine, le taro, l’igname et la canne à sucre dans le sud-est asiatique et la Mélanésie, le ma?s, les haricots, les piments et les cucurbitacées du c?té de la Mésoamérique, parmi d’autres. La notion de révolution s’est également estompée devant les progrès des techniques de datation, qui permettent de suivre des processus sur la longue durée, avec les premiers villages du Natoufien dès le xe millénaire avant notre ère, parmi des groupes encore à l’évidence chasseurs-cueilleurs, tandis qu’apparaissent à la même époque et aux antipodes les plus anciennes poteries chez les Jomon du Japon. Selon les points du globe considérés, la formule type de la néolithisation (sédentarisation, agriculture, élevage, manipulation sélective des morts et poterie) va s’organiser selon des successions différentes dans le temps. La pluralité des chemins et des expériences qui ont mené les chasseurs-cueilleurs vers des économies de production est maintenant acceptéexA0;; les logiques matérialistes s’effacent aussi pour rendre compte de l’adoption de certaines cultures vivrières de base encore mal datées, comme le manioc amer et toxique du bassin de l’Amazone, ou de formes d’agriculture irriguée avec les tarodières des Hautes Terres de Nouvelle-Guinée probablement bien avant le ve millénaire.10 C’est autour de ce thème essentiel de l’histoire des sociétés que Jean Guilaine a réuni seize intervenants à l’occasion d’un séminaire du Collège de France. Chacun dans sa spécialité – préhistorien, paléobotaniste ou archéozoologue – a cherché à répondre aux questions fondamentales des comportements xA0;néolithiquesxA0;. Où se sont produites ces domestications voulues du règne végétal et animalxA0;? Quelle est la succession chronologique des techniques qui conduisent vers le NéolithiquexA0;? Comment les paramètres de la domestication peuvent-ils être définisxA0;? Et enfin, pourquoi cette volonté d’assujettissement d’une partie du monde vivantxA0;?11 Un ouvrage de plus, direz-vous, parmi une lignée déjà longue, où l’archéologue démiurge rêve d’expliquer le monde. vanessa bruno cabas cuir pas cher
Il est vrai que les théories sur l’apparition des phénomènes néolithiques se succèdent très régulièrement, que l’on mette en avant des modifications drastiques du climat qui auraient conduit à une longue coexistence des hommes, des animaux et des plantes dans des formes privilégiées d’oasisxA0;; que l’on suppose une première croissance démographique qui aurait imposé les premières manipulations de plantes et d’espèces animalesxA0;; ou bien encore que l’accent soit mis sur une nécessaire prééminence du symbolisme et des croyances conduisant à la domestication. Toutes ces théories sont fondées sur les mêmes documents archéologiques, d’interprétation instable, tandis que l’échantillonnage, à l’échelle de la planète, appara?t encore fragilexA0;; elles sont chacune l’expression d’un seul théoricien qui n’évoque que sa spécialitéxA0;; elles s’effondrent finalement les unes après les autres.12 Le grand mérite de Jean Guilaine a été, justement, de réunir des préhistoriens, qui ont cherché à exprimer des points de vue rarement partagés par tous, pour exprimer à la fois la diversité et la complexité. Le temps n’est plus aux modèles simples et aux déterminismes, qu’ils soient physiques ou symboliques. La diversité des néolithisations réussies – car c’est bien celles-là seules que le préhistorien peut reconna?tre – montre que ces phénomènes de convergence vers l’agriculture et l’élevage sont, au-delà des climats, au-delà des environnements et que leurs racines doivent être cherchées au c?ur des sociétés elles-mêmes.13 Dans cet ouvrage bien illustré et d’une bonne densité de http://www.pm3.fr/polo-lacoste-pas-cher/ contenu, le point est fait région par région, avec la prudence qu’apportent trois générations de théories aujourd’hui devenues falotesxA0;; le Proche-Orient occupe, bien s?r, la place centrale. Mais la néolithisation, c’est aussi la Chine où s’accélèrent les découvertes de plus en plus anciennesxA0;; l’Océanie où la diffusion du Néolithique est sous-tendue par l’inégalité sociale parmi chez les Peuples de la merxA0;; la Mésoamérique et l’Amérique du Sud, où les systèmes de datation ont été récemment remis en causexA0;; l’Afrique sahélienne avec une haute antiquité de la poterie, un élevage du b?uf tardif et une
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31-35, M
Aug 22, 2014