suite. Elles sont complétées par de très nombreuses notes incorporées aux textes des actes et rédigées à partir de sources originales tirées des chartriers ecclésiastiques, des fonds de la Chambre des Comptes de Paris et de la Maison du roi (propriétés versaillaises obligent). Sur les analyses des textes, claires et détaillées, il n’y a aucune critique à faire. J’évoquerai seulement la traduction excessive du terme ybernagium par méteil (actes n°x00A0;81, 82, 101, 116, 175 et 176), à laquelle on préférera l’expression xA0;blé d’hiverxA0; (employée dans l’analyse de l’acte n°x00A0;85), puisque cet xA0;hivernagexA0; (fromentxA0;? seiglexA0;?) est chaque fois clairement opposé à l’avoine.2 Mais revenons à Saint-Magloire. D’abord installées par le père d’Hugues Capet dans son palais de la Cité, les reliques du saint évêque de Dol venues de l’abbaye de Léhon (près de Dinan) gagnent la rive droite de la Seine et la rue Saint-Denis, à l’actuelle intersection du boulevard de Sébastopol et de la rue Rambuteau. Au xiie siècle, le monastère abandonne ses ancrages bretons au profit de Marmoutier, qui lui rétrocède des biens franciliens, telle sa domus de Versailles (cf. Survetement pas cher
appendice n° i, sur l’histoire de l’abbaye, p.x00A0;509-525). Favorisée par les sires de Montfort (l’Amaury) et de Versailles, Saint-Magloire n’aurait pas compté plus d’une quinzaine de religieux mais tirait d’amples ressources autant de ses biens parisiens que de ses domaines ruraux situés à Charonne, en Brie (autour de Villiers, près de Machault, en Seine-et-Marne) et en Yveline. Sur ce patrimoine, de nombreuses sources sont conservées dans le chartrier entreposé aux Archives nationales et dans deux cartulaires, le manuscrit latin 5413 de la Bibliothèque nationale et le registre ll 39 des Archives nationales. Titres et contrats ont été rédigés presque exclusivement en langue latine pour la période antérieure à 1280, ce qui traduit à coup s?r une faiblesse des rapports avec la petite chevalerie environnante, une classe sociale qui joue toujours un r?le moteur en matière de diffusion du fran?ais dans les chartes du xiiie siècle. De fait, après 1200, on compte à peine 16 chartes la?ques sur 217 numéros, et les deux seuls actes en fran?ais, qui datent de 1258 (n° 196) et de 1273 (n° 255), émanent des prév?ts de l’évêque de Paris et du garde de la prév?té royale de Paris, non pas de chevaliersxA0;: l’insertion de l’abbaye est plus forte à Paris même qu’en rase campagne…3 Malgré ses lacunes chronologiques (un xiie siècle très faiblement présent) et son orientation urbaine, le chartrier de Saint-Magloire offre un bon condensé typologique et thématique de la documentation textuelle de l’époque. La seule charte-partie du corpus date du xiie siècle (acte n°x00A0;32, en 1141) et elle n’est reconnaissable qu’à sa devise portée au bas de l’original, car rien ne la signale dans la teneur de l’actexA0;; comme nombre de chirographes également, il s’agit d’un contrat économique, un bail de moulin, avec une clause classique de réserve climatique (en cas de mauvais temps) et politico-militaire (en cas de guerre), qui autorise le transfert du lieu de versement du montant du bail depuis Blancmesnil (Seine-Saint-Denis) à Saint-Denis ou Paris. survetement hydrogen pas cher Quelque temps après apparaissent, au détour du texte latin, des mots fran?ais caractérisant les pratiques agricoles ou les techniques, comme ces escharaz (échalas) des vignes et les harz (branches d’osier) servant à l’assemblage des pièces de charrue (n° 51, en 1189). Enfin, si les archives conservées par l’établissement s’accroissent au début du xiiie siècle, c’est que l’on recoure plus fréquemment aux chartes des archidiacres (des diocèses de Paris et de Chartres) – ou de leur official –, puis à partir de 1232, et surtout dans les années 1240-1250, aux chartes de l’officialité des évêques de Paris, qui se succèdent à un rythme inégalé et supplantent l’écrit des autres autorités validatrices.4 Nous n’entrerons pas ici dans le détail de la gestion du patrimoine parisien, qui n’est pourtant pas rienxA0;: maisons, rentes immobilières et vignes des environs de la capitale, achetées, échangées, arrentées, etc. Par ailleurs, compte tenu du type de monastère et de son enracinement urbain, il n’y a pas à s’étonner du peu d’informations intéressant directement le statut des hommesxA0;: relevons quelques partages de descendances des membres des familiae (jamais qualifiées de servi) entre le monastère et le roi de France, réservés au xiie siècle (n° 31, en 1139, et n°x00A0;36 en 1152), et une charte de coutumes isolée, relative aux h?tes de la Brie (n° 34, en 1147), fixant redevances monétaires et en nature, les trois corvées annuelles, la division des amendes par trois ou quatre, mais évoquant aussi la possibilité d’un affermage du champart à des la?cs. Le tout est à compléter d’une http://www.myami.fr/survetement-pas-cher/ maigre récolte de testamentsxA0;: ceux d’aristocrates, le chevalier Gilles de Versailles (n° 145, en 1243) et le seigneur de Chevreuse (n° 217, en 1263), celui d’une riche parisienne, Geneviève de Saint-Magloire (n° 162, en 1247), et celui enfin d’un chanoine, ma?tre Guillaume de Chennevières (n° 262, en 1276), passé à ViterbexA0;!5 S’agissant des droits et des possessions foncières dans le plat pays, le plus frappant reste le nombre de compromis opérés à propos des d?mes, et au premier chef lorsqu’il s’agit d’essarts. Le phénomène ne concerne pourtant pas la période fétiche des défrichements qu’est le xiie siècle, mais la première moitié du siècle suivant, favorisée par les sources du fait de la nouvelle législation en matière de d?mes novales pr?née par le 4e concile du Latran (xA0;super decimis novalium factorum a tempore Lateranensis concilii novissime celebrati et decetero faciendorumxA0;, n°x00A0;116, en 1232). Enquêtes, procès, arpentage des d?mages révèlent un essor continu de l’agriculture qui n’a rien à envier au temps de Ceinture burberry pas cher
Débutant avec le défrichement seigneurial d’un petit bois monastique, qui devient alors redevable du champart (acte n°x00A0;74, en 1211), la série documentaire s’étoffe grace aux litiges avec les curés paroissiaux et les autres monastères, litiges souvent réglés par l’intervention arbitrale des doyens ruraux (de Mantes ou de Poissy), qui connaissent bien leur monde (actes n°x00A0;83, 93, 100, 108, 116, 124, 128, 135, 137, 143-144, 171 et 176, datés d’entre 1217 et 1254). Les affaires de d?mes et de patronages d’églises nécessitent en outre des enquêtes contradictoires où défilent quantité de témoinsxA0;: le conflit de Saint-Magloire avec un prêtre sur la présentation à la cure des Essarts le Roi (Yvelines) amène ainsi à la barre 7 moines, 6 prêtres ou clercs, et 25 la?cs qui reflètent les clivages clientélistes au sein de la paroisse (n° 61, en 1198)xA0;!6 Beaucoup d’autres secteurs de la vie sociale et économique bénéficieront de l’apport de cette édition de grande qualité qui renouvellera, soyons-en s?rs, notre compréhension du Paris et de l’?le-de-France d’avant Philippe le Bel.7 Ghislain BrunelHenri Dubois (dir.), Un Censier normand du xiiie siècle. Le livre des jurés de l’abbaye Saint-Ouen de Rouen, édité sous la direction d’Henri Dubois par Henri Dubois, Denise Angers et Catherine Bébéar, Paris, cnrs éditions, coll. xA0;Documents, études et répertoiresxA0;, 61, 2001, 482 p., 490 F.
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Aug 23, 2014