à partir de trois registres de tailles de 1454-1456 récemment découverts (qui couvrent les deux-tiers du De?à des Monts), Antoine Franzini nous livre une étude complète, novatrice et originale sur le Quattrocento insulaire, un Quattrocento large qui va en réalité des révoltes populaires de 1357 à l’aube des Temps modernes. Ces trois registres d’imp?t ont été en effet le point de départ d’une quête archivistique beaucoup plus large, menée à l’Archivio di Stato de Gênes, à l’Archivio di Stato de Milan et dans les différents fonds d’archives parisiens (bnf) et insulaires (Bastia, Ajaccio). Le fonds documentaire corse s’en trouve extraordinairement enrichi : registres de gouverneurs génois, relations et courriers de gouverneurs et de commissaires milanais, courriers entre Corses et Génois, vente d’indulgences de 1456/1457 pour aller aider les Chrétiens contre les Turcs à Caffa, etc. Il ressort de cette quête une démonstration brillante : en début de période, la Corse est encore une campagne sans ville (Bonifacio et Calvi sont des comptoirs tournés vers la mer), où la population regroupée en hameaux plus souvent qu’en gros villages, vit en famille , valorisant des vertus aristocratiques – la guerre, l’honneur, la vengeance. Or, au cours de la période, l’?le glisse progressivement du Moyen ?ge vers la modernité. Un nouveau désir de cité appara?t, dans le désir d’une autorité publique dépassant le cadre ancien, seigneurial ou communal, voire le projet comtal de féodalité tardive. Pour répondre en effet aux désordres des seigneurs, appuyés sur leurs remuantes clientèles, aux tumultes liés aux luttes fratricides des partis, aux ambitions des chefs populaires – les caporaux –, à l’échec des comtes, les Corses hésitent entre la voie républicaine et la voie du principat . vanessa bruno cabas cuir pas cher
Faisant principalement une histoire du politique pour faire l’étude de cette société, l’ouvrage aborde aussi l’étude des mentalités : la foi chez les la?ques, hommes et femmes, la sensibilité à la prédication mendiante, les nouvelles dévotions, l’état d’esprit des prélats, corses ou ligures. Il réussit également à présenter une bonne synthèse économique en dépit de la grande précarité de sources dont le maximum a été très rigoureusement tiré. C’est ici que nous est présentée la fondation de la ville de Bastia en 1476. Plus largement, la Corse nous est proposée ici comme un morceau de l’Italie médiévale et comme une partie du domaine méditerranéen. Aussi, ce travail dépasse – et de beaucoup – son titre, de par la mise en perspective de l’?le dans un contexte plus large, contexte qui était historiquement, géographiquement, culturellement le sien. Une étude qui constitue également à elle seule un pan de l’histoire de Gênes qui, en particulier avec la Corse, tente de glisser du statut de cité-état à celui d’un état moderne doté d’un véritable territoire, une tentative qui trouvera un certain résultat en 1528, avec la réforme oligarchique d’Andrea Doria. Ainsi, cet ouvrage de valeur répond à trois attentes du c?té du lecteur car il s’agit d’un très beau travail à la fois corse, italien et méditerranéen. longchamp pas cher 45 Michel Vergé-FranceschiMartine Grinberg, écrire les coutumes. Les droits seigneuriaux en France, Paris, puf, 2006, 206 p., 25 € isbn 213055501246 Dans un article paru dans les Annales hss en 1997, Martine Grinberg étudiait le processus de rédaction des coutumes en France, pour l’essentiel entre 1506 et 1540, et les réformations ultérieures. Le sous-titre, nommer, classer, exclure , soulignait l’intention de mettre à jour la mise en ordre des coutumes. L’auteur y voyait à l’?uvre la construction d’un droit commun fran?ais limitant les effets d’une pénétration du droit romain. La rédaction des coutumes fut aussi l’occasion pour les commissaires royaux, de contr?ler, voire d’éliminer certains droits seigneuriaux. L’impact des rédactions sur le droit féodal et les seigneuries, pendant l’époque moderne, est au centre du présent ouvrage. Polo ralph lauren classic
Alors que la plupart des spécialistes du fait coutumier examinent la première floraison du droit coutumier aux xiie et xiiie siècle, ou encore les contours des notions d’usage et de coutume, l’originalité de l’approche de Martine Grinberg retient notre attention. L’ouvrage, divisé en trois parties, aborde successivement la question des droits seigneuriaux, la rédaction des coutumes, et les effets de ces rédactions sur le droit féodal et les seigneuries.47 S’agissant tout d’abord des droits seigneuriaux, l’auteur, à l’aide d’aveux, de déclarations pour les terriers, de recueils de droits féodaux, montre l’extraordinaire diversité de ces droits, et leur fréquente bizarreté . Certaines redevances décrites par les commentateurs de coutume comme des abus ou des extravagances, rendent compte en réalité de pratiques et de rites populaires. Parmi beaucoup d’autres, tel seigneur a droit, le jour de pentec?te, de faire baigner deux gar?ons de la paroisse de Chousy par trois fois, dans la rivière de Loire. Martine Grinberg fait état de la difficulté qu’il y a à dresser une typologie de ces usages, même si certains types de redevances sont associés plus particulièrement à certains groupes, jeunes hommes, femmes ou groupes de métiers. Le discours http://www.eventsland.fr/burberry-pas-cher/ seigneurial repose sur l’argument d’une concession primitive d’un don, d’un avantage, d’un terrain.
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26-30, F
Aug 18, 2014