Desanges dans sa préface, xA0;quasi exhaustivexA0;. L’auteur affiche d’emblée cette ambition dans sa première partie, qui s’efforce de reconstituer l’histoire politique du royaume et surtout d’éclairer le système du protectorat, défini par le statut d’ami et allié du peuple romain. La pauvreté des sources littéraires, qui est assurément le trait le plus remarquable de l’ensemble du dossier maurétanien, est ici particulièrement évidente. Mais Michèle Coltelloni-Trannoy réussit à la surmonter, à la fois par une analyse très fine des quelques textes conservés, et surtout par l’adoption d’une perspective comparative qui demeurera, jusqu’au dernier chapitre, la principale caractéristique de sa méthode. Dans ce cas précis, c’est par de multiples références aux états-clients d’Orient, de Thrace, et du nord de la mer Noire, qu’elle parvient à définir la situation exacte des souverains maurétaniens par rapport à Rome. Le système pla?ait en fait ces rois, hellénisés et citoyens romains à titre personnel, assimilés à des délégués de l’empereur, dans une dépendance très étroite, et évitait de lourdes dépenses d’administration et de défense à l’empire. Il permettait aussi de préparer les populations à une future annexion, qui ne se produisit que lorsque Rome la jugea possible et utile. Survetement guess pas cher
49 Ainsi encadré, le royaume de Maurétanie eut cependant une existence propre et une certaine originalité, dont l’analyse fait l’objet, dans un vaste tableau administratif, économique et social, de la seconde partie du livre. Trois traits sont surtout ici mis en évidencexA0;: le poids de l’héritage du passé africain ou punique, notamment dans les structures sociales (r?le des tribus) et l’urbanisation (commencée avant le protectorat)xA0;; la politique volontariste des souverains, qui se dotèrent d’une vraie capitale de type romain, Caesarea (Cherchell), et accentuèrent l’ouverture de leur pays au marché méditerranéen, en encourageant notamment les industries de la pourpre, des condiments et des salaisonsxA0;; et surtout, à nouveau, le poids de Rome, marqué par l’adoption d’un système monétaire aligné sur le denier, par l’invasion de la céramique italienne, mais aussi par la présence de colonies de vétérans des légions dispersées dans le pays. Cette omniprésence romaine, qui est la clef de vo?te de le tout le livre, constitue aussi la toile de fond de la dernière partie de l’ouvrage, consacrée aux aspects culturels et religieux de la civilisation maurétanienne. Michèle Coltelloni-Trannoy se penche ici plus directement sur la personnalité complexe de la dynastie installée en 25 par Auguste, qui unissait le fils d’un roi numide élevé à Rome à une princesse hellénistique, Cléopatre-Séléné, fille de Marc-Antoine et de la grande Cléopatre. Elle montre, dans de fort belles pages sur la statuaire et l’iconographie monétaire, comment Juba II et son fils surent combiner les différentes facettes d’un quintuple héritage culturel, berbère, punique, égyptien, grec et romain, pour souligner cependant combien les deux dernières composantes l’emportèrent finalement, comme le souhaitaient les empereurs.50 La problématique de l’ouvrage est ainsi clairement politique, et son apport essentiel intéresse évidemment plus l’histoire de l’impérialisme romain que celle des sociétés rurales. Faute de sources, l’auteur ne peut accorder que quelques lignes aux grands domaines royaux, dont il suppose qu’ils furent à l’origine des domaines impériaux attestés dans les provinces ultérieures. Survetement pas cher Ses remarques sur le nomadisme ou le semi-nomadisme des tribus gétules restent aussi très générales, et sont en partie faussées par un recours à une théorie des migrations incessantes des tribus sahariennes de Libye vers l’Atlantique qui est totalement dénuée de preuves. L’historien du monde rural trouvera cependant un réel intérêt à se pencher sur le chapitre vi, presque entièrement consacré au problème de la colonisation romaine. L’existence, dans un état indépendant, de treize colonies romaines, dont le sol fut enlevé aux autochtones, pose en effet d’importants problèmes d’ordre juridique, qui sont ici éclairésxA0;: avec le legs de Bocchus II, le territoire maurétanien fut, montre Michèle Coltelloni-Trannoy, intégré de fait à l’ager publicus, ce qui permit la création des colonies pendant l’époque intérimaire 33-25 (et peut-être même un peu après). Et si plus tard, Auguste, en recréant le royaume, inaugura une situation inédite, celle-ci fut surmontée par un artifice originalxA0;: le rattachement des colonies à des provinces voisines, la Bétique pour les trois implantations du Maroc, la Tarraconnaise ou plut?t l’Afrique proconsulaire pour les autres. Ainsi demeurait préservé le lien nécessaire entre une colonie et un sol juridiquement romain. Quant à l’impact qu’eurent ces fondations sur l’évolution des populations maurétaniennes, il fut en grande partie limité par leur répartitionxA0;: surtout groupées dans les régions c?tières, elles eurent plus pour effet de renforcer l’intégration de secteurs déjà ouverts à l’extérieur et pénétrés par le modèle punique que de romaniser un arrière-pays qui restait de tradition berbère. La démonstration rejoint ici une idée forte du livre, déjà énoncée par d’autres savants depuis une trentaine d’années, qui souligne que dans l’Afrique ancienne la principale ligne de fracture n’opposa pas les Romains aux indigènes, ou les citadins aux campagnards, mais une fraction des populations indigènes, intégrée à l’espace culturel et économique méditerranéen et associée aux Romains, à une autre fraction, exclusivement rurale et qui restait attaché au système et au mode de vie tribal. Survetement hugo boss pas cher
51 On pourra regretter, certes, que l’auteur ne s’engage pas plus loin dans la réflexion sur ce sujet et qu’il ne place pas plus souvent ses analyses dans la longue durée, en s’interrogeant sur les liens entre les phénomènes constatés à l’époque du protectorat et les singularités de la civilisation des provinces maurétaniennes ensuite. Mais bien présenté, orné de nombreux plans, cartes et figures, muni de copieux index, et offrant une synthèse claire et à jour, son livre est certainement appelé à constituer désormais un ouvrage de référence.52 Yves ModéranMichel Mangin, Philippe Fluzin, Jean-Louis Courtadon, Marie-José Fontaineet alii, Forgerons et paysans des campagnes d’Alésia (Haut-Auxois, C?te-d’Or). La terre, le fer, la route en pays mandubien (ier siècle avant viiie siècle après J.-C.), Monogr. cra, 22, cnrs éd.
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Aug 23, 2014